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La démarche atypique du Conseil, sa valeur ajoutée...


22 juillet 2015

David Kimelfeld : « le CdD est un révélateur de ce qui se passe sur le territoire et de son dynamisme »

 

Dans un propos introductif, Anne-Marie Comparini rappelle au Président, David Kimelfeld, l'évolution du Conseil initiée il y a 4 ans, pour atteindre une meilleure implication citoyenne et une plus grande opérationnalité.               

Deux modalités ont été alors proposées : d'abord inclure dans la composition de notre instance des citoyens volontaires (tirés au sort) et des représentants des territoires. Ensuite, à chacune de nos séances de travail, travailler avec des participants extérieurs qui vivent ou exercent les sujets étudiés.                                                                    

Deux contributions de 2015-2016, sur l’insertion économique et le Grand Rendez-Vous, ont montré la justesse de cette double direction. Elles ont surtout révélé le dynamisme d'acteurs publics ou privés, venant de réseaux conventionnels professionnels, d’associations et de pratiques citoyennes, qui inventent de nouvelles formes d'entreprendre, apprendre, consommer, se loger, se cultiver et qui agissent sans attendre.

Avec cette découverte, le CDD avait trouvé son sillon. Depuis lors, il a continué à le tracer.  Avec à chaque fois de nouveaux acteurs repérés, il a pu aborder des sujets qui marquent ce début du siècle : les mutations écologiques, numériques, sociétales, telles que le défi de l’allongement de la vie, ainsi que l’impératif créatif.

Une démarche s'appuyant sur les récits de vie et d'actions des porteurs d’expériences collaboratives

Cette méthode d’une grande richesse a permis :

➡ de rendre lisibles les transformations et leurs conséquences sur les attentes des habitants et les besoins des activités humaines,

➡ d'en retirer pour la Métropole des points de vigilance à traiter et des opportunités nouvelles à saisir,

➡ de porter un regard prospectif sur les modes d'action publique également impactés par les mutations qui se déploient en même temps.

Voilà pourquoi les participants extérieurs sont les auteurs de nos travaux au même titre que les membres du Conseil de Développement.

Un travail approfondi des membres du Conseil...

Pour chaque sujet, ils prospectent  les porteurs d'initiatives et d'innovations partenariales.

En découvrant ces nouvelles formes de « faire société », ils sont aussi devenus des passeurs actifs entre porteurs d’initiatives : en les rapprochant, ils peuvent « faire réseau ».  Et des passeurs tout aussi actifs auprès des administrations : leurs initiatives peuvent inspirer les politiques métropolitaines et la culture de la participation naissante dans l'organisation politique et administrative.

...Et préfigurant de nouveaux modes d'action publique

Poussé par cet élan d’innovation, le Conseil de développement aspire à devenir un accélérateur de pratiques nouvelles en invitant la Métropole à concevoir des partenariats ouverts, des alliances agiles qui intégreront cette capacité d'action collaborative d’acteurs économiques, sociaux et culturels dans la définition et la mise en œuvre des projets aux côtés de la collectivité. Sous les traits d'une Métropole facilitatrice, d'une Métropole « ensemblière » et d'une Métropole qui veut engager avec eux des co-constructions utiles à tous et toutes. En somme, un nouveau paysage institutionnel et civique qui se dessine entre collectivités, citoyens et entrepreneurs de toute nature.

De ce fait, au Conseil de Développement, il n'y a pas de murs. Entre l'économie et le social, nous prenons les problèmes par les deux bouts. Entre la Métropole, ses bassins de vie et ses villes, échelons intermédiaires de construction du fait métropolitain, nous considérons la cohérence entre ces niveaux.

Pas de cloisons non plus avec les territoires voisins. Les flux dessinent aujourd'hui les territoires de projets plus que les frontières administratives. Raison pour laquelle il aborde toujours l'inter-territorialité sous sa double forme : celle géographique et celle institutionnelle des divers niveaux d’administration publique.

Ainsi, au fil des travaux, la posture a-t-elle évolué. Le CdD (ses membres et ses participants extérieurs) est passé de « faiseur d'avis » à « partie prenante » dans l'élaboration des orientations métropolitaines.

A son tour, David KIMELFELD, Président de la Métropole explique les raisons de son intérêt pour le Conseil de Développement.

Tout d’abord, le CdD est, pour moi, un révélateur de ce qui se passe sur le territoire et de son dynamisme. Vous êtes souvent les « prospecteurs » d’initiatives dans tel ou tel territoire, dans le privé comme dans le public, dans le milieu associatif... C’est extrêmement important pour les élus de la Métropole, comme pour l’institution, de connaître ces initiatives.

Ensuite, vous parvenez à anticiper ce qui va se passer. Outre la gestion du quotidien, cette vision des grandes tendances, des grandes problématiques, est une nécessité absolue pour les élus.

Vous êtes dans ce que va être le monde demain, tout en restant en capacité de jouer un rôle d’alerte, d’attirer notre attention dès à présent sur les points de blocage ou les points de vigilance à avoir. Cela est très intéressant pour nous.

Enfin, et c’est peut-être le plus important, la pluralité du Conseil fait qu’il y a des gens d’horizons divers, de formations, de parcours différents, des points de vue politiques et philosophiques variés. Cette dimension m’intéresse beaucoup. Elle rejoint ma manière de voir l’action publique : confronter des points de vue de gens différents pour construire des choses concrètes et pertinentes »

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La séance se poursuit avec la présentation des préconisations faites lors des contributions enchaînées depuis septembre 2018, sur l’industrie du futur, la stratégie alimentaire et l'emploi-insertion dans les quartiers. Au même titre que notre apport sur la citoyenneté renouvelée à l’occasion du Grand Débat National, elles illustrent cette pratique d'écoute des citoyens en vue de leur participation pouvant aller jusqu'à l'Agir. Ces contributions sont le fil conducteur de cette séance plénière qui permet d'interroger en direct le Président, sur les suites qui leur sont réservées.

Vous le verrez en lisant les articles suivants consacrés à chacune des contributions (Industrie du futur et territoire(s)Stratégie AlimentaireEmploi et Insertion dans les QPV) les réponses réservées sont positives. En matière de résultat, pour tous ceux qui y ont participé, c'est une « bonne année » !